Raspberry Pi 6 : date de sortie probable, caractéristiques attendues et améliorations qui comptent vraiment

Petit rappel de réalité

La série Raspberry Pi 6 n’a pas encore été annoncée officiellement. Donc, toute “date de sortie confirmée” ou “fiche technique leakée” doit être prise avec prudence. En revanche, on peut faire une projection crédible en partant des contraintes de la plateforme actuelle (Raspberry Pi 5) et des besoins réels des utilisateurs (bande passante PCIe, stockage, réseau, thermique, disponibilité).

Cet article propose une estimation structurée : ce qui est le plus plausible, ce qui relève davantage du souhait, et comment préparer un projet dès aujourd’hui sans se retrouver bloqué plus tard.

Fenêtre de sortie

Si Raspberry Pi suit la cadence historique des grandes générations, une sortie fin 2026 à 2027 est plus crédible qu’un lancement “imminent”. De plus, l’écosystème Raspberry Pi fonctionne souvent par étapes : une carte phare lance la plateforme, puis viennent ensuite des déclinaisons (Compute Module, variante clavier, versions optimisées en coût) sur une période plus longue.

Pourquoi ce calendrier compte pour tes projets

  • Pour un projet sérieux, ce n’est pas seulement la performance : c’est aussi le cycle de vie et la disponibilité.

  • Attendre n’a de sens que si ton design est réellement bloqué aujourd’hui par une limite matérielle (souvent PCIe / stockage / réseau).

  • Si ton goulot d’étranglement est logiciel (temps d’intégration, drivers, industrialisation), attendre le matériel coûte souvent plus que ça ne rapporte.

Ce que le raspberry pi 6 doit améliorer pour justifier une nouvelle génération

Le Raspberry Pi 5 a déjà marqué un vrai saut. Pour que le Pi 6 soit “un cran au-dessus” (et pas juste une révision), il devra probablement améliorer nettement au moins deux de ces axes :

  • Plus de performances CPU soutenues (pas seulement en pointe)

  • Plus de débit d’E/S rapides (PCIe : génération et/ou nombre de lignes)

  • Un Wi-Fi plus moderne (classe Wi-Fi 6)

  • Une meilleure stratégie de stockage (NVMe plus simple et plus “standard”)

  • Une meilleure efficacité énergétique (perf/W, moins de throttling)

Dans les usages réels, l’axe PCIe + stockage est souvent le plus déterminant : NAS, routeur/pare-feu, homelab, edge AI, systèmes multi-caméras.

Cpu et performances attendues

Probable : cœurs Arm plus récents, approche équilibrée

Le Pi 6 devrait logiquement intégrer des cœurs Arm plus récents, avec une meilleure IPC (instructions par cycle) et une meilleure efficacité. Raspberry Pi privilégie généralement une approche “équilibrée” plutôt qu’un design ultra-complexe, mais l’évolution dépendra aussi des choix du SoC.

Ce que “mieux” signifie concrètement :

  • meilleure perf mono-cœur (UI plus fluide, scripts plus rapides)

  • meilleur débit multi-cœur (compilation, conteneurs, indexation)

  • plus de stabilité en charge (moins de baisse de fréquence)

Possible : plus de quatre cœurs

C’est très demandé, mais pas automatique :

  • plus de cœurs = plus de chaleur et de consommation

  • sans bande passante mémoire plus élevée, le gain est limité

  • un SoC plus ambitieux peut faire monter le coût

Si le Pi 6 augmente le nombre de cœurs, il devra quasi forcément améliorer aussi la mémoire (bande passante et/ou architecture), sinon le bénéfice sera moins spectaculaire.

À surveiller : l’efficacité plutôt que les GHz

Sur beaucoup d’usages, ce qui compte c’est la performance durable : un Pi 6 qui tient sa fréquence sans refroidissement massif paraît “plus rapide” qu’une carte qui fait un score de benchmark élevé puis throttle.

Gpu et multimédia

Probable : progression incrémentale, gros gains sur codecs et stabilité

Pour Raspberry Pi, l’expérience graphique dépend souvent plus de :

  • la maturité des pilotes (Vulkan/OpenGL ES)

  • la stabilité multi-écrans

  • les blocs matériels de décodage/encodage vidéo

Les gains les plus visibles du Pi 6 pourraient venir de :

  • meilleure accélération des formats vidéo modernes (streaming, caméra)

  • multi-affichage plus robuste (kiosques, dashboards)

  • bureau plus fluide en charge (compositeur, fenêtres, navigation)

Attente réaliste

Ne pas attendre un “PC gaming” : le Pi 6 sera surtout intéressant si les codecs, les drivers et le pipeline d’affichage progressent nettement.

Mémoire : capacité ou bande passante ?

Probable : priorité à la bande passante

Beaucoup de limitations ressenties viennent de la bande passante mémoire :

  • CPU plus rapide + NVMe ont besoin d’un RAM qui suit

  • pipelines caméra et vision demandent du débit

  • conteneurs/DB demandent de la capacité, mais la bande passante reste critique

Le passage à une mémoire de génération plus récente est plausible si les coûts et la supply chain le permettent. Sinon, des améliorations de contrôleur, de latence et de tuning peuvent déjà faire la différence.

Pourquoi le prix joue un rôle énorme

La RAM influence fortement le coût final. Même si de grandes capacités sont techniquement possibles, les SKU “grand public” dépendront du prix et de la disponibilité à long terme.

Stockage et démarrage : là où le pi 6 peut changer de catégorie

Le problème actuel : la microSD comme point faible

La microSD est simple, mais souvent :

  • l’élément le plus fragile (usure, I/O aléatoire, corruptions)

  • trop lente pour logs, bases de données, conteneurs, desktop

Direction probable : rendre le NVMe plus simple et plus “naturel”

Le Pi 6 peut gagner énormément avec :

  • plus de bande passante PCIe (NVMe moins bridé)

  • une intégration mécanique plus cohérente (via HAT/adapter, mais plus standardisée)

  • des outils et un parcours d’installation “SSD-first” plus aboutis

  • des séquences de boot plus robustes en considérant le SSD comme normal

Même sans un slot M.2 directement sur la carte, l’expérience NVMe peut devenir beaucoup plus “première classe”.

PCI express et extension : l’amélioration la plus attendue

Pourquoi le PCIe change tout

Quand les utilisateurs disent “j’attends le Pi 6”, ils veulent souvent :

  • NVMe plus rapide sans plafond de bus

  • SSD + réseau plus rapide en même temps

  • plusieurs périphériques rapides (accélérateur AI + stockage, capture + stockage)

Améliorations plausibles

  • PCIe Gen 3 x1 : gros gain, relativement conservateur

  • PCIe Gen 2/3 x2 : gain majeur, plus complexe à router

  • plus de lignes d’une manière ou d’une autre : exposées différemment ou utilisées pour augmenter l’enveloppe E/S globale

Pourquoi ce n’est pas “gratuit”

Plus de PCIe = plus de contraintes :

  • routage PCB (couches, longueur, intégrité du signal)

  • validation et tolérances de fabrication

  • consommation et EMI

L’upgrade le plus probable est celui qui augmente le débit réel sans faire exploser le prix.

Réseau : Wi-Fi 6, 2.5GbE et compromis

Wi-Fi 6 est un candidat naturel

Pour une carte phare en 2026/2027, un Wi-Fi de classe 6 (802.11ax) est très plausible, surtout pour :

  • environnements denses

  • meilleure efficacité et latence

  • performances plus stables avec beaucoup d’appareils

Wi-Fi 6E (6 GHz) est possible, mais moins certain (antennes, réglementation, coût).

2.5GbE : le rêve homelab

2.5GbE serait énorme pour :

  • NAS

  • routeur/pare-feu

  • petits serveurs

  • clusters

Mais c’est un coût additionnel et un sujet de consommation. C’est “possible”, pas “garanti”.

Conclusion pratique

Si le Pi 6 combine meilleur PCIe et meilleur Ethernet, il devient un mini-serveur très crédible. Si un seul axe progresse fortement, le PCIe est souvent celui qui compte le plus pour le stockage.

USB et connectique : évolution plutôt que révolution

Le rôle de l’USB est crucial pour :

  • nombre de périphériques rapides simultanés

  • budget de puissance via USB

  • stabilité quand tout est branché

Le Pi 6 améliorera probablement les détails (topologie, stabilité, power), mais une révolution “USB-C fait l’écran et tout le reste” est moins probable à court terme, car c’est complexe à implémenter proprement à grande échelle.

Caméra et affichage : les gains “silencieux” mais décisifs

De nombreux projets Raspberry Pi sont centrés caméra/écran :

  • robotique et vision

  • NVR / CCTV

  • inspection industrielle

  • kiosques et dashboards

Le Pi 6 pourrait progresser via :

  • plus de bande passante globale caméra

  • meilleure stabilité multi-caméras

  • pipeline d’affichage plus robuste (double écran)

  • moins de “douleurs d’intégration” grâce à de meilleurs défauts

Alimentation et thermique : penser performance soutenue

Pourquoi la thermique décide l’expérience

À mesure que la performance monte, le refroidissement devient important. Un Pi 6 devra gérer :

  • efficacité énergétique (moins de chaleur par unité de calcul)

  • stabilité d’alimentation en pics de charge

  • performance soutenue sans imposer un gros ventirad

Attentes réalistes

  • focus sur perf soutenue

  • recommandations plus claires sur l’alimentation et les périphériques USB

  • accessoires adaptés aux charges typiques (NVMe, accélérateurs, USB rapides)

Format et compatibilité

Probablement stable

  • le concept du GPIO 40 broches reste un pilier

  • les projets GPIO migrent généralement bien

Probablement changeant

  • compatibilité des boîtiers (placements, refroidissement)

  • accessoires haute vitesse (mécanique des HAT NVMe/PCIe)

  • attentes de puissance (surtout avec périphériques USB)

En clair : GPIO restera familier, mais mécanique et accessoires rapides peuvent évoluer.

Logiciel et firmware : le “vrai” super-pouvoir

Un Pi 6 peut sembler bien plus moderne si :

  • le boot SSD est fiable et simple

  • le comportement firmware/boot est plus standardisé

  • les pilotes Wi-Fi/GPU/caméra sont stables dès le départ

  • on a moins besoin de “connaissances secrètes” pour un système robuste

La fiabilité “ennuyeuse” est un avantage énorme pour les usages pro.

Sécurité et fiabilité : ce que les pros regardent

Le Pi 6 pourrait monter d’un cran via :

  • meilleures briques de secure boot (sans verrouillage systématique)

  • pratiques de stockage plus robustes par défaut

  • meilleurs réglages par défaut réseau/services

  • documentation plus “industrial-grade” pour edge/production

Edge ai : NPU intégré ou accélérateurs modulaires ?

Les workloads AI sur Pi explosent :

  • détection d’objets

  • speech-to-text local

  • petits LLM d’automatisation

  • vision + texte

Deux stratégies plausibles

  1. Modulaire : meilleur PCIe + mémoire = accélérateurs plus efficaces

  2. NPU intégré : bien pour le grand public, mais plus cher et plus complexe

Le modulaire est très plausible parce qu’il évite de faire payer l’AI à ceux qui n’en ont pas besoin.

Plus important que les TOPS

  • débit de données (RAM + PCIe)

  • efficacité (tenir en charge sans surchauffe)

  • outillage logiciel (drivers, runtimes stables)

Raspberry pi 6 vs pi 5 : ce qui justifierait la mise à niveau

On upgrade pour des résultats.

Desktop

  • navigation et UI plus fluides sous charge

  • multi-écrans plus fiable

  • expérience SSD-first simple et stable

Homelab / NAS

  • PCIe qui permet d’exploiter réellement un NVMe

  • éventuellement Ethernet plus rapide ou meilleure compatibilité NIC

  • CPU stable pour chiffrement, conteneurs, services

Robotique / caméras

  • bande passante et stabilité multi-caméras

  • moins de jitter quand la charge monte

  • meilleure efficacité en boîtiers fermés

Produits et industrialisation

  • visibilité cycle de vie / disponibilité

  • stack logiciel stable

  • consignes mécaniques et électriques fiables

Scénarios concrets : ce que le pi 6 peut débloquer

Mini-NAS sans compromis permanents

Un NAS crédible requiert :

  • NVMe qui n’est pas trop bridé

  • stabilité USB et alimentation

  • CPU suffisant pour services et éventuellement chiffrement

Avec PCIe plus fort et une meilleure thermique, le Pi 6 pourrait devenir une base NAS “par défaut” plutôt qu’un bricolage.

Routeur/pare-feu moderne

Un Pi routeur devient vraiment intéressant si :

  • Ethernet est rapide et stable (idéalement 2.5GbE)

  • stockage/logging est propre

  • le CPU tient le VPN (WireGuard, IPsec) sans throttling

Vision edge : multi-caméra + accélérateur

La recette :

  • plusieurs caméras

  • un accélérateur si nécessaire

  • stockage pour buffer/log

  • plateforme stable et efficace

Pas besoin d’un NPU intégré si le système bouge les données correctement.

Kiosque/signage “qui tourne”

Besoins typiques :

  • double affichage robuste

  • décodage vidéo fiable

  • réseau stable

  • uptime long

Ici, la stabilité software peut peser plus que les benchmarks.

Comment préparer un projet dès maintenant

Si tu achètes aujourd’hui mais veux migrer proprement vers Pi 6 plus tard :

  • planifie SSD-first

  • choisis un boîtier avec marge thermique

  • évite de dépendre d’un stockage USB fragile pour du critique

  • construis modulaire : stockage/réseau/accélérateurs interchangeables

  • documente ton budget de puissance (USB change tout)

Achat : attendre ou acheter ?

Acheter Pi 5 maintenant si

  • tu dois prototyper ou livrer maintenant

  • tes besoins passent avec l’écosystème actuel (NVMe via HAT, réseau actuel)

  • ton vrai goulot est le logiciel / l’intégration

Attendre Pi 6 si

  • tu es bloqué par la bande passante PCIe

  • tu veux absolument du Wi-Fi 6 intégré

  • tu veux une “one-box” stockage/réseau très propre et minimaliste

Faq

Est-ce que ça s’appellera “Pi 6 Model B” ?

Probable, mais pas garanti.

Un slot M.2 natif ?

Possible, mais incertain. Plus réaliste : meilleur PCIe et une expérience NVMe plus propre via HAT/adapter.

Du 2.5GbE ?

Gros gain, mais coûteux en BOM/power. Donc “peut-être”.

Un NPU intégré ?

Possible, mais le modulaire est très logique. Souvent, PCIe + mémoire comptent plus.

Faut-il retarder un projet ?

Seulement si une limite matérielle te bloque aujourd’hui. Sinon, construire sur Pi 5 et apprendre tes besoins réels te permettra de décider rationnellement le jour où Pi 6 sort.



Les images utilisées dans cet article sont générées par IA ou proviennent de banques libres de droits comme Pixabay ou Pexels.

Publications similaires