Une commande vocale mal interprétée éteint les phares d’une voiture électrique en roulant
Un accident a été provoqué en Chine après qu’un système vocal embarqué dans une voiture électrique a mal interprété une commande du conducteur et a éteint les phares du véhicule alors qu’il roulait dans l’obscurité. L’incident concerne une voiture électrique Lynk & Co Z20, dont l’assistant vocal a exécuté une action imprévue, désactivant l’éclairage extérieur pendant la conduite.
Cet événement a relancé les discussions sur les risques de sécurité liés aux systèmes de commande vocale dans les véhicules modernes. Bien que ces technologies soient conçues pour améliorer l’ergonomie et réduire les distractions du conducteur, elles peuvent parfois provoquer des situations dangereuses lorsque les algorithmes interprètent mal une instruction.
Comment une commande vocale a désactivé les phares du véhicule
Selon les informations disponibles, le conducteur souhaitait simplement éteindre l’éclairage intérieur de l’habitacle pendant la conduite. Cependant, la commande vocale prononcée a été interprétée différemment par le système embarqué.
Au lieu de désactiver uniquement l’éclairage intérieur, l’assistant vocal a interprété la phrase « éteins toutes les lumières » de manière littérale. Le système a alors désactivé non seulement les lumières intérieures, mais également les phares extérieurs du véhicule.
La voiture s’est ainsi retrouvée à rouler dans l’obscurité.
Le conducteur a tenté à plusieurs reprises de réactiver les phares en utilisant d’autres commandes vocales. Cependant, le système n’a pas reconnu correctement les demandes et a indiqué que l’opération ne pouvait pas être exécutée.
Quelques secondes plus tard, le véhicule a percuté une glissière de sécurité sur le bord de la route.
L’incident illustre un défi majeur des systèmes automobiles modernes : les assistants vocaux doivent comprendre le langage naturel tout en empêchant toute action pouvant compromettre la sécurité du véhicule.
Mise à jour logicielle d’urgence chez Lynk & Co
Après l’accident, Lynk & Co a rapidement réagi. Mu Jun, directeur commercial de l’entreprise, a annoncé qu’une mise à jour logicielle d’urgence avait été déployée pour les véhicules concernés.
Cette mise à jour introduit une nouvelle logique de sécurité. Désormais :
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l’éclairage extérieur du véhicule ne peut plus être désactivé par commande vocale lorsque la voiture est en mouvement
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l’extinction des phares pendant la conduite est possible uniquement par commande manuelle
Le constructeur a également présenté des excuses publiques pour l’incident et a reconnu que le comportement du système ne correspondait pas aux normes de sécurité attendues.
Les mises à jour logicielles à distance (OTA – Over-The-Air) sont devenues courantes dans les véhicules connectés modernes, permettant aux constructeurs de corriger rapidement des problèmes logiciels.
Des failles similaires observées chez d’autres constructeurs
L’affaire a suscité un vif intérêt parmi les propriétaires de voitures électriques et les spécialistes du secteur. Des conducteurs ont commencé à tester des commandes vocales similaires sur d’autres véhicules.
Ces tests ont révélé que certains modèles des marques Zeekr et Deepal présentaient des comportements comparables.
Les commandes directes telles que « éteins les phares » étaient généralement bloquées par les systèmes de sécurité. En revanche, des commandes plus générales comme « éteins toutes les lumières » pouvaient parfois contourner les protections logicielles.
Cela suggère que certains systèmes reposent sur des filtres de commandes basés sur des règles, qui ne prennent pas toujours en compte toutes les variations possibles du langage naturel.
Les deux constructeurs ont par la suite confirmé avoir publié des mises à jour logicielles afin de corriger cette vulnérabilité.
L’importance croissante des assistants vocaux dans les voitures électriques
Les assistants vocaux jouent un rôle de plus en plus important dans les véhicules modernes, notamment dans les voitures électriques fortement numérisées.
Les constructeurs automobiles intègrent ces technologies afin de permettre aux conducteurs de contrôler diverses fonctions sans quitter la route des yeux ni retirer les mains du volant.
Les commandes vocales permettent généralement de contrôler :
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la navigation
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la climatisation
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les systèmes multimédias
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les appels téléphoniques
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l’éclairage intérieur
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certains réglages du véhicule
Dans les véhicules les plus avancés, il est même possible d’ajuster les modes de conduite, les positions des sièges ou certaines fonctions de diagnostic à l’aide de commandes vocales.
Cependant, l’intégration de ces systèmes dans des fonctions potentiellement critiques pose de nouveaux défis techniques.
Les défis du traitement du langage naturel dans les voitures
Les assistants vocaux reposent sur des technologies de traitement du langage naturel (NLP – Natural Language Processing), qui permettent aux systèmes informatiques de comprendre la parole humaine.
Ces systèmes doivent analyser les phrases prononcées par le conducteur et les convertir en commandes techniques pour les différents systèmes du véhicule.
La difficulté provient du fait que le langage naturel est souvent ambigu.
Par exemple, une phrase simple comme :
« Éteins la lumière »
peut faire référence à :
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l’éclairage intérieur
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l’éclairage du tableau de bord
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l’éclairage d’ambiance
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les phares du véhicule
Sans contexte précis, un assistant vocal peut interpréter la commande de manière incorrecte.
Dans un environnement aussi sensible que la conduite automobile, ce type d’erreur peut entraîner des risques.
Conception de la sécurité dans les systèmes vocaux automobiles
Pour limiter ces risques, les ingénieurs automobiles intègrent généralement des restrictions de sécurité strictes pour les fonctions critiques du véhicule.
Par exemple, la plupart des véhicules modernes empêchent via logiciel :
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la désactivation des phares pendant la conduite
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l’ouverture des portes à grande vitesse
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la modification de certains systèmes d’assistance à la conduite en mouvement
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la désactivation d’alertes de sécurité importantes
Cependant, l’incident impliquant Lynk & Co montre que des commandes indirectes ou trop générales peuvent parfois contourner ces protections si la logique logicielle n’est pas suffisamment complète.
Ce type de comportement relève souvent de ce que les ingénieurs appellent des cas limites (edge cases) dans les systèmes complexes.
Les mises à jour logicielles, nouvel outil de sécurité automobile
La possibilité de déployer des mises à jour logicielles à distance a profondément transformé l’industrie automobile.
Autrefois, corriger un défaut logiciel nécessitait souvent un passage en atelier ou un rappel de véhicules.
Aujourd’hui, les constructeurs peuvent mettre à jour les systèmes des voitures de manière similaire à un smartphone.
Les mises à jour OTA permettent notamment de :
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corriger des bugs logiciels
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améliorer les algorithmes de reconnaissance vocale
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renforcer les restrictions de sécurité
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ajouter de nouvelles fonctionnalités
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améliorer la stabilité des systèmes
Cette évolution montre également que les voitures modernes deviennent progressivement des plateformes définies par logiciel.
La Lynk & Co Z20 et sa version européenne
Le véhicule impliqué dans l’incident, la Lynk & Co Z20, appartient à la nouvelle génération de voitures électriques connectées du constructeur sino-suédois Lynk & Co.
En Europe, ce modèle est commercialisé sous le nom Lynk & Co 02.
Le véhicule se positionne sur le marché des crossovers électriques compacts et propose une plateforme numérique avancée intégrant connectivité cloud, assistant vocal et mises à jour logicielles régulières.
Comme de nombreuses voitures électriques récentes, la Z20 repose fortement sur des fonctionnalités contrôlées par logiciel.
Ce que cet incident révèle sur la sécurité des voitures connectées
Cet accident montre clairement que la fiabilité logicielle devient aussi importante que la fiabilité mécanique dans les véhicules modernes.
Avec l’intégration croissante de l’intelligence artificielle, de la reconnaissance vocale et des services connectés, les constructeurs automobiles doivent s’assurer que leurs systèmes fonctionnent correctement dans toutes les situations possibles.
L’incident impliquant Lynk & Co démontre que même une fonction apparemment simple, comme l’éclairage commandé par la voix, peut créer des risques inattendus si le système interprète mal une instruction.
Pour l’industrie automobile, la leçon est claire : les assistants vocaux doivent être conçus avec des mécanismes de sécurité robustes, une compréhension contextuelle et des logiques de protection fiables afin d’éviter toute situation dangereuse pendant la conduite.
Les images utilisées dans cet article sont générées par IA...
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